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Élections 2018 : les Libéraux ont « l’arme ethnique »

Joseph Facal >

L’autre jour, je dis à un ami péquiste que sa formation a intérêt à bouger vite avant que le ciment ne prenne définitivement.

Il me répond que son parti bouge déjà, mais qu’il ne croyait plus à la vieille notion de ciment : les électeurs magasinent maintenant jusqu’à la dernière minute.

Il a raison. Trudeau est parti troisième et a gagné. Trump fut abasourdi par sa victoire.

Les fidélités politiques sont plus relâchées que jadis, reflet de nos sociétés éclatées, où tout est de plus en plus temporaire et relatif.

Calculs

Le PQ va se camper au centre-gauche, son positionnement dominant pendant la plus grande partie de son existence.

C’est d’autant plus logique que la CAQ occupe plus de terrain à la droite du centre que QS, redescendu sous la barre des 10 %, n’en occupe à la gauche du centre.

Le PQ doit maintenant courtiser les nationalistes modérés qui ne verraient pas comme une hérésie de voter pour la CAQ pour se débarrasser du PLQ.

Il pourrait le faire en ciblant le régime fédéral, champ déserté par les autres partis, et en réinvestissant avec doigté la question identitaire, gagnante quoi qu’en pense le microcosme médiatico-montréalais.

Le PLQ, lui, a presque autant de raisons d’être nerveux que le PQ.

Le plan libéral, c’était de faire pleuvoir sur les électeurs les dollars épargnés sur leur dos. Pour le moment, zéro résultat.

L’économie va bien, mais le PLQ n’en profite pas. Il disposera certes de l’arme ethnique, mais pas de l’épouvantail référendaire.

Et comment se donner un air de renouveau quand vous êtes au pouvoir depuis 2003 pour l’essentiel ?

 

L’arme ethnique des Libéraux

 

Rien n’est cependant joué pour la CAQ.

Demandez à des gens tentés de voter pour la CAQ de vous expliquer pourquoi ils y songent.

Demandez-leur ce qu’ils savent des intentions de ce parti.

On s’aperçoit alors que la CAQ n’est forte que du désir de changement et du dépit suscité par les « vieux » partis.

La CAQ dit vouloir baisser les impôts, mais c’est ce que le PLQ vient de faire.

La CAQ dit vouloir secouer le Québec, mais avez-vous le sentiment que beaucoup de Québécois veulent vraiment être secoués ?

Il faut remonter au 15 novembre 1976 pour retrouver la dernière élection qui ait vraiment déplacé les plaques tectoniques de la politique québécoise.

Pas sûr

Il est vrai que la lassitude envers le PLQ est extraordinairement élevée.

Il est vrai que, quand j’entends des jeunes parler du PQ, leurs propos peinent quelqu’un de ma génération.

Mais un vote pour la CAQ, c’est, du moins pour le moment, essentiellement un vote contre le PLQ et le PQ.

Cela pourrait suffire pour gagner, mais ce n’est pas sûr du tout.

> Lire l’article sur le Journal de Montréal.

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