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La mort de Castro et la fin du XXe siècle

Alexandre Cormier-Denis

La mort de Fidel Castro aura eu le mérite de nous révéler qu’une certaine gauche est encore fascinée par les systèmes politiques totalitaires tant qu’ils sont mâtinés de tiers-mondisme et d’antiaméricanisme.

Au fond, la gauche défend aujourd’hui l’islamisme comme elle défendait jadis le communisme. Dans le confort bien cossu des salons petit-bourgeois québécois, il est facile d’excuser l’islamisme et de défendre le « meilleur système de santé au monde » (sic) tout en pianotant sur son iPhone construit par le prolétariat chinois que les médecins cubains ne peuvent pas se payer, socialisme réel oblige.

Ernesto « Che » Guevara coiffé d’un keffieh palestinien – ultime symbole d’un islamogauchisme militant

 

Certes il fait mieux vivre dans le Cuba castriste qu’en Haïti « démocratique », mais cela n’empêche pas que nous pouvons être critiques face au régime communiste qui a été imposé aux Cubains depuis 1959. Les défenseurs de Castro le présentent souvent comme un souverainiste ayant arraché Cuba aux chaînes impérialistes américaines, ce qui est vrai. Sauf que cela a signifié remettre son propre pays dans les griffes de l’ours soviétique, ce qui n’était franchement pas plus recommandable. Il a poussé son pays d’une dépendance à l’autre. L’effondrement du bloc soviétique a d’ailleurs catapulté le pays dans une crise alimentaire incroyable, poussant de nombreux cubains à une extrême indigence.

Le Lider Maximo a terminé sa vie avec une fortune évaluée à 900 millions de dollars selon le magasine Forbes

 

Sans tomber dans l’admiration béate du régime cubain ni faire preuve d’anticastrisme primaire, il faut peut-être considérer que la mort de Fidel nous indique surtout que le XXe siècle et ses conflits idéologiques sont derrière nous. La fin de la Guerre froide aura ouvert la voie à la mondialisation libérale qui souhaite la destruction des frontières et la fin des souverainetés nationales. Devant la tentation d’effacer les États-nations, les peuples doivent se lever pour signifier leur refus de disparaître.

Nigel Farage – héros du Leave britannique – a soutenu la candidature de Donald J. Trump en réponse à l’ingérence de Barack Obama sur le Brexit

 

La fusion entre la gauche sociétale, celle qui milite pour la fin de la Nation, et la droite libérale, celle qui souhaite la destruction de l’État, mène à la mise en place du camp libéral-libertaire qui a pour objectif d’annihiler toutes les formes d’enracinement au sein des populations. Tout comme l’utopie communiste rêvait d’accoucher d’un monde radicalement nouveau, ces libéraux-libertaires cherchent à en finir avec le monde hérité de la Seconde Guerre mondiale qui a vu la fin des empires coloniaux, le réveil des nations et la multiplication des États.

Aujourd’hui – sous le couvert du progressisme – c’est le village global qu’on tente de nous imposer par les traités de libre-échange, la privatisation des services sociaux, le multiculturalisme et l’immigration de masse. On voit renaître la volonté de créer de nouvelles entités post-nationales dont le symbole le plus frappant est cette Union Européenne antidémocratique. Face à ces attaques contre les souverainetés nationales, les patriotes de toutes les sensibilités doivent se réunir afin de lutter contre cet assaut envers le principe d’État-nation qui demeure le cœur même de la démocratie.

Cela est encore plus vrai au Québec. Car – pour paraphraser le chanoine Groulx – nous appartenons à un petit peuple qui, s’il ne se lève pas pour voir le jour, pourra facilement sombrer dans le néant de l’Histoire.

Sur la fin de la mondialisation heureuse, les consciences se réveillent-elles au Québec?

À l’émission de Mathieu Bock-Côté, l’ancien ministre péquiste Martin Lemay – qui a dénoncé l’alliance systématique du souverainisme et du progressisme – parle de contre-révolution et de réveil nationaliste sur fond de critique de l’immigration de masse.

S.-P. Savard-Tremblay se réclame d’un socialisme originel (!!!) en évoquant une hyperclasse mondiale mettant en concurrence les États néolibéraux.

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