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La naïveté des souverainistes sur l’immigration doit cesser

Alexandre Cormier-Denis >

Devant la propagande immigrationniste que subit le Québec, il est bon de rappeler quelques faits essentiels et d’analyser où se positionne le mouvement souverainiste.

La submersion migratoire, encouragée, planifiée et voulue par le Canada

 

Un peu de lucidité politique

Qu’ils soient Haïtiens, Algériens, Vietnamiens, Mexicains ou Afghans; qu’ils soient francophones, francotropes, allophones ou anglophones; qu’ils soient chrétiens, musulmans, hindouistes ou animistes, qu’ils soient instruits, riches, pauvres ou sans diplôme; qu’ils soient sympathiques, moroses, enjoués ou détestables; les immigrants arrivant en nombre massif contribuent à dissoudre le tissu social québécois et favorisent la canadianisation progressive du Québec.

Qu’on le veuille ou pas, les immigrants représentent le plus sûr électorat du camp fédéraliste et justifient l’instauration du régime multiculturaliste canadien au sein même de nos institutions.

Lorsque des souverainistes défendent l’actuelle vague migratoire illégale parce qu’il s’agirait majoritairement francophones car Haïtiens, ils font preuve d’une naïveté politique stupéfiante.

Jamais les quartiers montréalais où réside la diaspora haïtienne n’ont étés des bastions souverainistes ou nationalistes. C’est plutôt l’inverse.

Bien que francophones, les immigrés haïtiens, et même leurs descendants, sont largement acquis aux thèses fédéralistes et forment un vaste électorat libéral. Oui, il existe quelques brebis égarées qui sont souverainistes et qui s’identifient à la lutte nationale québécoise, mais ils demeurent largement des individus exceptionnels.

Les fédéralistes l’ont très bien compris.

Dans un article de 2014 du National Post, Conrad Black se moque de la politique québécoise favorisant l’immigration haïtienne et algérienne, soulignant le désintérêt – voire l’hostilité intrinsèque – des nouveaux arrivants pour la cause nationale québécoise.

Le mouvement souverainiste et l’immigration

À voire les réactions officielles de l’establishment du camp souverainiste, il y a de quoi être franchement découragé du manque criant de lucidité qui prévaut dans nos rangs.

Le Parti Québécois, par l’entremise de la députée d’Hochelaga-Maisonneuve Nicole Poirier, a eu récemment l’outrecuidance de sermonner le fédéral… parce qu’il n’accepte pas assez rapidement les immigrants illégaux !

Non seulement Mme Poirier exige d’accélérer le traitement des demandes d’asile au lieu de dénoncer la politique de porte ouverte du gouvernement Trudeau, mais elle appelle à mobiliser des ressources spécifiques – permis de travail, installation prioritaire dans des logements sociaux, dérogations aux règles normales d’immigration – pour les immigrants entrés illégalement sur le territoire national.

Pour la forme, rappelons que tout bénéficiaire de l’aide sociale doit attendre environ deux ans pour avoir accès aux logements sociaux montréalais. Pendant que les Québécois subissent les coupes budgétaires massives du gouvernement Couillard et que l’ensemble des services sociaux – aide aux aînés, aide aux handicapés, services de garde, etc. – subissent de pleins fouet les mesures d’austérité, tout ce que le PQ trouve à dire de la crise migratoire, c’est d’appeler à bonifier l’aide aux illégaux, plutôt que de dénoncer la submersion démographique voulue par Ottawa.

Alors que la crise migratoire qui semble être provoquée par l’appel d’air des déclarations immigrationnistes de Justin Trudeau devrait permettre au Parti Québécois de se démarquer idéologiquement du camp fédéraliste, les élus « souverainistes » reprochent à Ottawa de ne pas aller assez vite dans leur politique de remplacement démographique des Canadiens français par l’immigration tiers-mondiste. À l’encontre de toute logique politique voulant qu’un parti nationaliste défende le principe de frontière, le PQ fait dans la surenchère post-nationale, répondant ainsi aux injonctions morales du camp antiraciste.

Tandis que la marginalisation des Québécois dans le Grand Montréal est officiellement confirmée par les démographes, le premier parti qui devrait avoir compris que l’immigration massive que nous subissions risque de nous être fatale fait dans la moraline compassionnelle et le prêchi-prêcha radio-canadien.

La députée encourage implicitement l’appel d’air du fédéral

 

La marginalisation prévisible du PQ

Dans l’état actuel des choses, le Parti Québécois risque évidemment de perdre les prochaines élections. Mais s’il arrivait au pouvoir, nous serions en droit de nous demander en quoi son élection constituerait une avancée pour la cause nationale du Québec. Sa soumission à l’idéologie progressiste, anti-nationale, immigrationniste et diversitaire est telle qu’il est raisonnable de se demander quelle est sa pertinence sur l’échiquier politique québécois.

À moins qu’il ne se ressaisisse, le Parti Québécois risque de tomber dans l’insignifiance politique la plus totale, à mi-chemin entre un Québec Solidaire triomphant à Montréal et une CAQ grugeant ses appuis dans le périurbain francophone. À force de n’être ni réellement nationaliste, ni réellement souverainiste – rappelons que Lisée promet de ne pas faire l’indépendance dans un premier mandat -, ni tout à fait à gauche car il défend la laïcité jugée réactionnaire, ni réellement à droite car il est social-démocrate sur le plan économique, le PQ est devenu totalement illisible pour une grande partie de l’électorat. Ses plus récentes positions sur la vague d’immigration illégale venue des États-Unis contribuent à sa marginalisation politique totale.

Soulignons également que François Legault, malgré sa posture de fédéraliste mou et fatigué, a très bien saisi l’opportunité de positionner la CAQ dans le débat actuel sur l’immigration en dénonçant les politiques actuelles du gouvernement canadien. Voici ce qu’il écrit sur les médias sociaux :

« Ceci se déroule dans un contexte où le Québec accueille déjà beaucoup plus d’immigrants que sa capacité d’intégration ne le permet. Les ressources sont limitées, tout comme notre capacité d’intégrer les immigrants à la majorité francophone. »

À force de se vouloir respectable aux yeux de la doxa médiatique, le PQ risque de se faire doubler par un parti qui demeure totalement insipide sur le plan constitutionnel, mais qui a le flair de saisir que le rejet du Grand Remplacement par les Québécois pourrait être très payant aux prochaines élections.

Nous ne le répéterons jamais assez : le Parti Québécois du XXIe siècle sera nationaliste ou risque de ne plus être du tout.

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