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Le bulldozer mondialiste qui menace le Québec

Thomas Franche >

Pour ceux qui y prêtent attention, on peut vanter ici et là que le Québec est une « société distincte » ou une « nation ». Robert Bourassa l’a déclaré distinct et le gouvernement de Stephen Harper a reconnu le Québec comme une nation au sein d’un Canada uni. Bien que de telles déclarations puissent paraître significatives, à mon avis, les mots vides utilisés par les libéraux et les fédéralistes comme « distinction » et « nation » sont là uniquement pour calmer les nationalistes québécois. D’ailleurs, la plupart des anglophones ne savent même pas ce qu’est une nation ; ils croient qu’une « nation » signifie « pays », ce qui les mène à dire avec suffisance que le Québec n’est pas une nation. En fin de compte, le but est de poursuivre l’objectif de supprimer les vraies différences avec un état multinational et multiculturaliste.

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, on mène présentement une guerre contre l’idée même de distinction. Cependant, l’utilisation de la doublepensée orwélienne a rendu tout le monde confus. Pensons à la façon dont les fédéralistes canadiens utilisent le mot « diversité » comme s’il s’agissait d’un véritable enrichissement culturel et économique. Le Québec est le meilleur exemple de la vraie diversité nord-américaine. Lorque le Canada parle de la « diversité », cela signifie simplement qu’on se fait engloutir dans la chnoute monoculturelle anglophone. 

Différentes civilisations génèrent des sociétés distinctes, ce qui est le résultat de l’âme d’un peuple – et c’est bien ainsi. La vraie diversité est naturellement bonne. Cependant, dans notre époque postmoderne, le terme « diversité » est le point de départ de la doctrine de la doublepensée dans le but d’éliminer la vraie diversité. On nous dit que nous devons évoluer au-delà des distinctions, des différences, des frontières.  

En finir avec le catholicisme pour créer une nouvelle religion mondialiste



Dans son livre géopolitique portant sur la Cité du Vatican, The Keys of This Blood, Malachi Martin parle de la cabale menée par ceux qu’il appelle les Méga-Religionistes – ceux qui cherchent à nous persuader que toutes les religions et que toutes les visions du monde convergent en une seule méga-religion planétaire :

[…] les soi-disant Méga-Religionistes font partie du Temple of Human Understanding, propageant l’idée que toutes les nations du monde seront harmonisées en une seule entité. À l’instar des caméléons, ils se retrouvent à l’apogée du pouvoir partout en Occident – dans les salles de réunion transnationales et les bureaucraties internationalistes, dans les hiérarchies des églises romaines, orthodoxes et autres ; dans les grandes enclaves juives et islamiques déjà consacrées à l’occidentalisation totale de la culture et de la civilisation partout sur terre.  (p. 38, traduction libre)


Martin cite quelques-unes des personnes parmi ces Méga-Religionistes, qui « vivent comme si toutes les frontières politiques étaient déjà éteintes ». Des gens comme John Foster Dulles, Henry Luce, la Reine Elizabeth II, le Duc d’Édimbourg, Pierre Teilhard de Chardin, Pierre Elliot Trudeau, John D. Rockefeller et beaucoup d’autres. L’esprit méga-religieux propose, contrairement à la vision du monde humaniste, que le confort humain ne soit pas simplement une question de confort physique. La religion aussi est essentielle au bien-être de la civilisation humaine. Cependant, dans cette vision des choses, les religions distinctes ne sont ni nécessaires ni souhaitables. En fait, pour la paix, toutes les religions doivent fusionner en une seule grande religion :

[…] l’humanité entière deviendra un peuple uni ; les musulmans et les chrétiens, les bouddhistes et les hindous se tiendront ensemble, liés par une dévotion commune, non pas à quelque chose du passé, mais à quelque chose de l’avenir. Non pas à un passé racial ou à une unité géographique, mais au rêve d’une société mondialisée avec une religion universelle dont les croyances historiques ne sont que des branches … tout en gardant les éléments folkloriques et colorés les plus inoffensifs de chaque religion, car ils ont une certaine fonction en termes d’apaisement et de camouflage. (p. 298, traduction libre)


Hummm, est-ce la raison pour laquelle Justin Trudeau s’amuse à se déguiser avec des costumes de différents groupes ethniques et religieux ? Ou pourquoi la plupart des gens pensent que le multiculturalisme n’est simplement que sortir au restaurant de sushi ou de shish-taouk après le spectacle de danse traditionnelle africaine ?

 

L’identité consumériste à saveur électorale du fils de l’autre



Mais comment une méga-religion monoculturelle pourrait-elle être mise en œuvre ? Grâce à une modification de la perception du Mal. De nos jours, le Mal ne se définit plus par l’absence du bien ou la mauvaise volonté envers son prochain, mais par les notions de séparation et de distinction. L’idée d’être séparé, que ce soit philosophiquement, spirituellement, politiquement ou économiquement, symbolise le Satan moderne. Être sa propre personne ou son propre pays, être un homme, une femme, caucasien, noir, suivre une tradition au lieu d’une autre, être Québécois, être Mexicain, être Russe – tout cela doit être classé et compris dans la nouvelle description du Mal. Martin poursuit en disant ceci :

Puisque la méga-religion attendue contiendrait des éléments de toutes les religions, et serait universellement acceptable, elle serait appelée le monodéisme. (p. 229, traduction libre)

La religion mondiale à venir sera le monadisme total, ce qui est aussi ce qu’Aldous Huxley a décrit dans son livre La philosophie éternelle. Tout doit être mélangé pour former un tout. Les « citoyens du monde » autoproclamés peuvent être ce qu’ils veulent à l’échelle individuelle, tant qu’ils ne prétendent pas que leur identité ou que leur croyance est exclusive ou vraie, puisque la nouvelle définition du Mal est la distinction. La séparation est maintenant immorale. Je pense que les justiciers sociauxd’aujourd’hui ne forment que la première vague de ce nouveau culte.

 

Tardivel, un Américain catholique d’origine canadienne-française qui écrira le premier roman souverainiste du Québec


Si je peux me permettre des propos dits « conspirationnistes », on dit que la franc-maçonnerie a pour but de créer une force révolutionnaire afin d’installer des Républiques démocratiques. Cela a été évoqué dans plusieurs encycliques papales, telles que In eminenti et Humanum Genus, ainsi que dans le premier roman nationaliste québécois Pour la patrie de Jules-Paul Tardivel. Peut-être croyez-vous que l’idéal républicain a du bon, que la suppression de la religion de la sphère publique est souhaitable (ce qui vient toujours avec la suppression de la tradition, car cela tombe dans la même catégorie que la religion – c’est la laïcité). 

Mais les idées de Jean-Jacques Rousseau, de Thomas Paine ou de Thomas Jefferson nous mèneraient-elles au genre de traditionalisme conservateur qu’aimeraient avoir certains libertariens prônant des « droits naturels » et le « principe de non-agression » ? Existe-t-il des exemples historiques d’une tradition et d’une société organiques et saines qui sont aussi purement laïques ? Non. Toutes ces idées font partie de la révolution (française, américaine et plus tard mondiale), menant à des méthodes pharmacologiques et d’ingénierie sociale pour que les gens chérissent leur servitude. Cela genère pour ainsi dire sans plaintes, une sorte de camp de concentration pour sociétés entières, alors que les peuples verront leur liberté confisquée, mais s’en réjouiront, car ils seront dépouillés de tout désir de révolte par la propagande. Et cela sera la révolution finale dont parlait Aldous Huxley.

Il me semble qu’en éliminant la distinction et en diabolisant l’idée de la séparation et des frontières, on crée un simulacre de nation qui n’est qu’une coquille vide (n’est-ce pas ce que c’est le Canada ?). Il devient un imperium antimétaphysique, en guerre avec tout ce qui est traditionnel, naturel et organique. Le monde moderne est caractérisé par le grand mensonge qu’est le relativisme et le Québec n’en est pas épargné. Bien sûr, la « séparation » du Québec doit être décrite comme un mal, le repli sur soi, la fermeture aux gens et au monde. Rien n’est plus faux, mais les gens ignorent que certains intérêts à l’échelle mondiale ont déclaré la guerre à ce qui est « distinct », alors qu’ils promeuvent la méga-religion mondiale (la monoculture).

> Lire l’article sur un Américain au Québec.

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