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Le déclin du culte immigrationniste

Alexandre Cormier-Denis

Pendant longtemps – depuis quelques décennies – il était impossible pour quiconque d’émettre une simple critique de l’immigration de masse voulue par nos gouvernements successifs. Critiquer l’immigration équivalait à une mort, non pas sociale, car de nombreux Québécois entretenaient en privé des doutes sur les bienfaits de l’immigration, mais bien une mort médiatique.

Car nous ne baignions pas uniquement dans la religion multiculturelle, comme le souligne adroitement Mathieu Bock-Côté, mais nous étions également soumis au culte immigrationniste, prêché nuit et jour par le clergé médiatique. Émettre un simple doute sur les bienfaits de la religion migratoire, forcément heureuse, entraînait une mise au bûcher de l’affreux hérétique qui osait, Dieu nous en préserve, remettre en cause le catéchisme remplaciste, comme le dirait Renaud Camus.

Mais voilà, le culte migratoire, s’appuyant sur la religion multiculturelle, est en train de s’effriter. Petit à petit, la doxa de l’immigration nécessaire et sympathique est en train de se briser sur le mur du réel. De plus en plus d’hérétiques ou d’apostats – c’est selon – sortent de leur silence pour émettre des doutes, et même s’attaquer frontalement au dogme du clergé médiatique.

Horreur ! Misère ! Hérésie !

Malgré sa couverture qui ne paie pas de mine,
éloignez-vous de ce livre démoniaque !

 

Le premier réel signe de dissension apparut en 2011 sous la forme d’une publication faite par deux inconnus, l’un démographe et l’autre philosophe, qui s’intitulait Le Remède imaginaire. Pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec. Livre choc qui ne fut pas réellement attaqué sérieusement par les zélotes migratoires, car celui-ci n’était pas attaquable. Trop documenté, trop universitaire, ne cherchant pas la controverse inutile, l’ouvrage ne suscita pas la colère du clergé qui pensait avoir depuis trop longtemps gagné la guerre des cœurs et des esprits pour s’émouvoir d’une petite publication faite par de tristes universitaires.

Évidemment, il y avait eu des précédents.

La fameuse phrase de feu Jacques Parizeau, paix à son âme, avait déjà suscité tout l’atermoiement de nos bons théologiens immigrationnistes, adeptes de l’auto-flagellation canadienne-française. Remarquons que la dénonciation des propos de Monsieur sur le vote communautaire, et pour le coup communautariste, s’accompagna d’un regain de foi dans l’immigrationnisme intégral de la part du camp souverainiste. Comment mieux laver le péché référendaire qu’en se pliant avec zèle au dogme migratoire?

Un second moment devra également retenir notre attention. Mario Dumont – tiens un autre mécréant qui figurait sur la tête d’affiche du camp du OUI en 1995 – dénonçait déjà en 2007 le projet libéral d’augmenter les quotas d’immigration de 47 000 à… 60 000 immigrants par année. Notons au passage que les libéraux ont encore cette année parlé de ce nombre magique qui semble faire partie de leur cabale immigrationniste, prouvant ainsi qu’à défaut d’autre chose, ils ont de la suite dans les idées. Évidemment, on avait traité M. Dumont de tous les noms. Pierre Arcand, recrue libérale et frère de l’animateur Paul Arcand, l’avait même – retenez votre souffle – comparé à nul autre que Jean-Marie Le Pen !

L’immigrationnisme s’était trouvé un adversaire

 

Aujourd’hui, tout a changé ou presque. Il est devenu normal, voire recommandé – demandez au nouveau chef du PQ – de dénoncer le culte immigrationniste. Pas un jour ne passe sans qu’un chroniqueur ne critique les politiques migratoires ou ne soulève les difficultés d’intégration des immigrants dans la société québécoise. Certains vont même jusqu’à suggérer, ô scandale, que l’immigration serait un plan politico-économique afin de faire pression sur les salaires et d’importer un électorat libéral à des fins politiques !

1995, 2007, 2011, 2016… De décennie en décennie, les schismatiques, les hérétiques et les apostats osent prendre de plus en plus la parole pour s’attaquer à la Sainte Église Migratoire.

Tremblez bonnes gens !

Demain, ce sera peut-être même dans votre propre foyer ou dans votre lieu de travail que vous entendrez un fils, une épouse, un ami ou une collègue remettre en cause le culte immigrationniste. Sachez prévoir cette hérésie en vous bouchant les oreilles tout en sautant sur la tablette la plus proche afin de consulter les éditoriaux de La Presse – la version papier n’étant plus disponible que le samedi – et écouter les reportages de Radio-Canada.

Ces apostats allemands n’écoutent pas la messe radio-canadienne

 

Car n’oubliez pas, sans la culpabilisation permanente des médias dirigés par le clergé migratoire, vous seriez peut-être en train de remettre en cause les bienfaits de l’immigration et vous sombreriez dans l’hérésie la plus totale. Et croyez-moi, vous ne voulez pas perdre votre âme et tomber dans les rets de la xénophobie, du racisme systémique – oui madame, systémique – et finir vos jours dans le brasier de l’intolérance !

Répétez après moi : « L’immigration est bonne en soi. L’immigration est une chance pour le Québec. L’immigration est nécessaire. Critiquer l’immigration, c’est mal. L’immigration est bonne en soi. L’immigration est une chance pour le Québec… »

Une petite dose d’hérésie anti-immigrationniste :

 

Et même les Américains commencent à remettre en question le culte. Petite démonstration in English :

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