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Le vrai « coming out » est nationaliste

 Philippe Plamondon

La gauche libérale a pour ceci d’incroyable qu’elle tente de nous faire croire à la naturalisation des phénomènes identitaires, comme si ceux-ci avaient toujours existé. L’exemple du coming out gai est plutôt éloquent à cet égard. Le coming out est ce moment où certaines personnes choisissent d’expliquer à leurs proches, à leur famille et à leur collègues qu’ils sont homosexuels. Ce faisant, ils sortiraient d’un placard symbolique où ils seraient contraints au mensonge ou tout au moins à la discrétion.

Il faudrait plutôt un jour du coming out nationaliste qu’un jour national du coming out

Le coming out et le outing, sont des notions qui ont une histoire : celle des États-Unis d’avant la Seconde Guerre mondiale. Dans la ville de New York des années 1930, le coming out signifiait entrer en dérision dans l’univers homosexuel « underground », notamment dans les milieux de marins, en parodiant les filles bourgeoises lors de leur bal de graduation. Il s’agissait d’une forme de théâtralité du « placard » et d’une mise en scène satirique de la sexualité entre hommes.

Aujourd’hui, le phénomène a été transformé dans sa nature et dans son ampleur. Il est devenu largement normalisé, encouragé, voire quasiment obligatoire.

Malheureusement banalisé, le coming out est devenu un phénomène promu par une poignée d’homosexuels sophistiqués qui, par un système de délation publique, s’amusent cruellement à démasquer les homosexuels coupables de ne pas participer à leur grande pastorale LGBT mondialiste. Le coming out devient officiellement un rituel forcé pour les homosexuels afin de les placer et de les définir dans des cases identitaires précises. Il contribue à accentuer le sentiment communautaire LGBT à des fins politico-identitaires.

Le fou du roi est plutôt un inquisiteur

Dany Turcotte, co-animateur de l’émission radio-canadienne Tout le monde en parle, est probablement le meilleur exemple de ce type de gai sadique qui considère le coming out comme un passage obligé, une forme d’évolution libérale sexuelle bonne en soi, dont on ne pourrait se soustraire. Quiconque refuserait de se soumettre à ce rituel de passage participerait, au mieux, à maintenir l’homosexualité dans une posture marginale; au pire, il serait complice de l’homophobie généralisée promue par la société hétéro-normative.

Par cette chasse aux homosexuels dissidents, soit ceux qui refusent de se conformer aux diktats du libéralisme identitaire, la culture du coming out stigmatise les homosexuels qui refusent de faire de leur sexualité une posture politique communautariste. Elle fait de l’homosexuel qui refuse de se joindre à l’épandage public de sa sexualité un traître au projet communautariste gai.

Considérant le communautarisme sexuel comme un problème, j’affirme qu’il est beaucoup plus urgent pour tous les patriotes de faire leur coming out politique que de mettre de l’avant leurs particularismes sexuels, religieux ou médicaux. En fait, s’ils souhaitent être réellement subversifs, j’invite mes compatriotes à faire un vrai coming out. Un coming out nationaliste.

Le Carillon Sacré-Coeur – inspirateur de l’actuel fleurdelisé

Matraquez sans arrêt le discours communautariste malsain. Parlez de la nécessité de sortir du multiculturalisme canadien. Défiez l’anglomanie de nos élites. Encouragez le fait français. Attaquez le dissolvant universel qu’est le libéralisme. Critiquez les libertés individuelles qui exacerbent la division sociale et empêchent l’émancipation nationale. Remettez en question l’immigration de masse. Défendez le principe des frontières. Dénoncez l’islamisation rampante de notre société. Soutenez le combat des laïques attaqués par les islamistes. Parlez du Québec comme étant le foyer lumineux de l’Amérique française.

Vous verrez alors que la sortie de placard nationaliste est beaucoup plus dérangeante et importante que l’exhibitionnisme de notre insignifiante petite sexualité individuelle. Le véritable discours qui dérange l’hégémonie libérale, ce n’est pas le communautarisme LGBT, c’est plutôt le patriotisme décomplexé.

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