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L’État mâle et le libéralisme femelle

Philippe Plamondon

Il ne fait aucun doute que la Chine soit une superpuissance, un État fort parfaitement capable de décider de son destin. Par contre, à l’interne, on s’inquiète de l’efféminisation généralisée des garçons chinois. Plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’impact d’un tel changement, car la nation serait devenue, dans les dernières années, trop protectrice, compréhensive, délicate et attentionnée, ce qui plongerait le pays dans une « crise de masculinité » importante. Pour certains intervenants chinois, le problème est tel, qu’il mettrait la sécurité de la nation en péril.

En décembre 2016, le ministère de l’éducation de Shanghai a imposé aux étudiants de 4e et 5e année un cours accompagné d’un petit livre nommé « petit homme ». Illustré de dessins en couleur, le livre explique aux enfants la différence entre un garçon et une fille, il met aussi l’accent sur l’importance de la relation père-fils, sur l’explication de la nature et aborde la gestion financière.

La Chine de demain

« Ce cours est essentiel pour les garçons » confie l’homme d’affaire Miao Li à NBC News. De nos jours, les familles surprotègent les enfants au point où ceux-ci ne font même plus d’activités physiques raconte le père de famille chinois. « Aujourd’hui, les filles agissent comme des garçons et les garçons sont devenus timides et introvertis » ajoute monsieur Huang, un autre parent présent pour l’entretien de NBC. Les garçons seraient beaucoup moins masculins que la génération passée et cela ne laisse présager rien de bon pour l’État autoritaire chinois selon les journalistes de NBC News.

Fait intéressant, certains Chinois accusent le Japon et la Corée de produire une culture de garçons ultra efféminés qui influencerait la jeunesse chinoise. Le Japon et la Corée ne sont-ils pas des démocraties libérales? Y-a-t-il un lien à faire entre les démocraties libérales et l’affaiblissement, voir la disparition du principe d’État-nation souveraine et capable de décision ?

En Occident, nous assistons à l’opération inverse. On enseigne aux enfants qu’ils doivent se débarrasser de l’idée d’être un garçon ou une fille. On enseigne que le genre est une construction toxique « hétéronormée ». Par exemple on publie en France des livres pour enfants comme « Papa porte une robe » ou « La nouvelle robe de Bill ». Dans quelques universités californiennes, on emploie déjà le pronom « ze » qu’on nomme le pronom anglais du troisième sexe.

Dans les écoles primaires suédoises, une police du genre circule pour s’assurer que les couleurs roses et bleus ne soient pas systématiquement associés aux genres fille/garçon et veille à ce que les professeurs emploient le pronom neutre « hen ». Aux États-Unis, la couverture du National Geographic qui titrait « gender revolution » mettant en vedette un garçon de 9 ans transformé en fille affichant une posture aguichante, démontre combien l’idéologie ultra-libérale a perdue la boule.

L’Occident aujourd’hui

Le site web enfantstransgenres.ca est aussi un exemple criant du délire imposé par les élites politiques et universitaires fanatiques des libertés individuelles. Personne ne nie le fait que des enfants souffrent d’un trouble d’identité de genre et que des enfants naissent avec une génitalité différente. Mais de faire de cette infime minorité de la société une norme est un problème. Derrière toute cette mousse politico-médiatique de la diversité se cache le projet politique et économique individualiste visant à déconstruire toute norme.

La dissolution des repères aussi fondamentaux tels que garçon/fille exprime une crise socio-politique sans nom. L’État mâle, gouvernant et capable de décision semble être un vieux souvenir. Le libéralisme accueillant, compréhensif et féminin triomphe depuis déjà longtemps. En finir avec la notion du mariage traditionnel est aujourd’hui un fait accompli. On s’attaque maintenant aux genres et à l’idée même d’être un homme ou une femme. La démonie de « l’homme-économique » et des libertés individuelles atteint son paroxysme avec la dissolution de nos derniers remparts traditionnels.

Est-ce que la présence de Vladimir Poutine en Russie, Victor Orbàn en Hongrie, Donald Trump aux États-Unis, Theresa May en Grande-Bretagne et peut-être bientôt Marine Le Pen à l’Assemblée nationale française, laisse entrevoir le retour d’une forme de décisionnisme de type masculin contre la démocratie libérale molle et échevelée?

Souhaitons-le.

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