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Selon l’ONU, le Québec a reçu 45 000 réfugiés en 2017

Lisa-Marie Gervais >

Estimant ses capacités d’accueil « saturées », Québec menace d’imposer une limite au nombre de demandeurs d’asile entrés de manière irrégulière qu’il héberge et demande à Ottawa de prendre les autres en charge. Sur le ton de l’ultimatum, quatre ministres du gouvernement Couillard ont déclaré que, à partir du 24 avril prochain, le Québec pourrait refuser d’accueillir davantage de ces migrants dès que les 1850 places par jour d’hébergement à Montréal seront occupées à 85 %.

« Si les 85 % sont atteints, nous aviserons le gouvernement fédéral que nous n’avons plus de places disponibles », a résumé le ministre de l’Immigration, David Heurtel. Selon lui, les demandeurs d’asile qui traversent de manière irrégulière par le chemin Roxham ne peuvent être tous pris en charge par le gouvernement du Québec. « C’est au gouvernement fédéral de [faire montre] de leadership, surtout que c’est sa compétence. On ne peut pas prendre ce dossier-là à la légère, il faut passer à une autre vitesse », a-t-il ajouté.

Le ministre s’est inquiété du nombre de demandeurs d’asile arrivés depuis le début de l’année aux environs de Lacolle en provenance des États-Unis. Les autorités recensent environ 5700 traversées irrégulières pour ce premier trimestre de 2018, contre 2000 à pareille date l’an dernier. Québec est à 71 % de ses capacités d’accueil, a mentionné M. Heurtel, indiquant qu’il allait rencontrer son homologue fédéral mercredi afin de connaître les intentions d’Ottawa. « Nos ressources sont saturées. On ne peut pas revivre des situations comme le Stade olympique. »

Il a rappelé qu’à l’heure actuelle, un demandeur d’asile, dont le dossier doit être traité en 60 jours selon la loi, attend jusqu’à 20 mois avant d’avoir une audition devant la Commission du statut d’immigration et de réfugié (CISR). « On est encore en train de traiter des cas de 2012, alors imaginez en 2017-2018. On est dans une nouvelle réalité », a indiqué M. Heurtel, comme pour rappeler l’urgence de voir Ottawa en faire plus dans ce dossier.

Pas à Montréal

Que veut concrètement Québec ? Les demandes ne sont pas financières, ont soutenu les ministres. Ils ont plutôt laissé entendre qu’ils aimeraient que les demandes d’asile soient traitées à la frontière au poste de Lacolle, au lieu que les migrants soient envoyés « systématiquement » à Montréal.

Le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, a souligné qu’Ottawa devrait avoir au poste-frontière le « recensement des ressources à travers le Canada » en matière de santé, de services sociaux, d’éducation, etc., pour pouvoir rediriger les demandeurs d’asile. « En ce moment, ce travail-là ne se fait pas », a-t-il fait remarquer. « Le plan de match, c’est je te donne un numéro, je t’envoie à Montréal et passeront quelques années et on espère que ça va bien aller. »

Pour David Heurtel, l’une des pistes de solution est la « régionalisation de certains demandeurs d’asile » pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre. « Ça va vouloir dire un changement de paradigme complet », a-t-il reconnu.

Le directeur général de la Table de concertation des organismes au service des réfugiés et des immigrants (TCRI), Stephan Reichhold, croit qu’un tri à la frontière n’est pas réaliste. Cela impliquerait l’installation d’un camp permanent à Lacolle, ce dont « personne ne veut ».

Il ne croit pas non plus qu’on puisse obliger les immigrants à aller ailleurs dans les régions du Québec ou dans les autres provinces. « Ils avaient essayé d’envoyer [les demandeurs d’asile] en Ontario, mais ça n’avait pas fonctionné », dit-il, en évoquant le camp demeuré vide qui avait été installé par les Forces armées à Cornwall l’été dernier.

M. Reichhold s’est par ailleurs inquiété du « plafond » d’accueil que veut imposer Québec. « La priorité devrait être l’accueil des familles pour s’assurer qu’elles aient accès aux services et ne pas mettre de limitations d’ordre bureaucratique ou administrative comme des quotas. Ça va à l’encontre des obligations internationales légales », a-t-il déclaré. « On a vu ce que ça a fait en Europe, ça jette beaucoup d’huile sur le feu. »

Ne pas crier au loup

Le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, s’est dit prêt à discuter avec son homologue québécois, mais il a rappelé que son gouvernement en faisait déjà beaucoup pour aider à l’accueil des nouveaux arrivants, notamment l’ajout de plus de 112 millions. Il a également rappelé que 12 000 permis de travail avaient été délivrés. Le délai d’obtention est passé de 90 jours à 30 jours.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, soutient pour sa part que les canaux de communication sont ouverts entre Québec et Ottawa, et que les efforts du Groupe de travail intergouvernemental sur la migration irrégulière qu’il préside ont été constants. « On ne s’est pas arrêtés l’automne [dernier] en disant “bon il n’y a plus de problèmes”. On a mis en place des mesures pour qu’on puisse continuer parce que c’était difficile de prédire l’avenir. »

[…]

DEMANDEURS D’ASILE (2017)

Ils ont été 50 469 à demander l’asile ; 91 % sont arrivés au pays par le Québec.

Irrégulières Régulières
Entrées 41 % 59%
Pourcentage d’acceptation 53 % 63 %


Source : Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

 > La suite sur Le Devoir.

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2 commentaires

  1. Pour contrer l’invasion migratoire illégale encouragée par le PLC et le PLQ dans le but d’assurer une clientèle électorale fidèle au régime fédéraliste, il faut établir la citoyenneté du Québec. En plus de la date de naissance du citoyen, le certificat de citoyenneté indiquera la date de son obtention par les nouveaux citoyens d’origine étrangère. Ces derniers pourront exercer le droit de vote après un délai de 10 ans dans une élection générale, et de 20 ans dans un référendum portant sur l’indépendance. Il est essentiel que les nouveaux arrivants aient eu l’occasion d’acquérir une connaissance approfondie des enjeux politiques avant de participer aux consultations populaires.

    • caroline Boucher

      Il y aurait beaucoup de quebecois qui ne pourraient voté au élection et pendant un référendum plusieurs n ont aucune connaissance en politique

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