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SLAV – Réflexion nationaliste sur la question raciale qui déchire la gauche québécoise

Alexandre Cormier-Denis >

Ainsi, le Festival international de jazz de Montréal – événement paroxysmique de l’Homo festivus quebecensis – a décidé de se soumettre aux jérémiades de la gauche pleurnicharde et victimaire tendance anglo-africaine en annulant le spectacle de Robert Lepage.

Par la mise en scène des litanies des esclaves afro-américains du XIXe siècle, Lepage et sa comparse Bonifassi, n’ont fait que récolter ce qu’ils avaient semé : l’introduction au Québec de la question raciale américaine.

Ils voulaient des lamentations africaines ?

Ma foi, ils les ont eues !

Récolter la tempête de la question raciale

Impossible pour quiconque appartient à la droite nationale de ne pas sourire devant l’ironie de la situation.

La gauche qui se pavane entre Londres, New York et Paris – et qui hurle présentement à la censure – voulait exploiter la « souffrance » des esclaves afro-américains pour en faire un spectacle pour bobos montréalais.

Les antiracistes de la scène artistique furent rattrapés par les militants radicalisés de la cause des « racisés ».

Une cohorte de pleurnicheuses d’extrême-gauche – biberonnées au multiculturalisme de l’État canadien – a sauté sur l’occasion pour faire tout un scandale à coup d’ « appropriation culturelle » et de « racisme systémique » nous expliquant qu’il était proprement honteux de voir des Blancs produire, écrire et interpréter la souffrance nègre dans un contexte artistique.

 

Un classique du néo-nationalisme québécois

 

Du pauvre nègre blanc d’Amérique à l’exploiteur blanc occidental

Les pauvres Québécois intoxiqués par le marxisme culturel des années 1960’ n’en reviennent toujours pas.

« Comment ? Nous, naguère nègres blancs d’Amérique sommes désormais assimilés aux méchants exploiteurs WASP américains ? Scandale ! »

Étant donné que je l’ai déjà expliqué ailleurs, je ne reviendrai pas en détail sur cette entourloupe du néo-nationalisme québécois issu des années 1960 qui associait notre condition nationale québécoise à celle des peuples du Tiers-Monde.

Non.

Nous ne sommes pas des Algériens, des Afro-Américains ou des Vietnamiens.

Les Québécois sont les descendants de colons français venus coloniser, défricher, christianiser et civiliser ce coin de pays pour en faire le foyer lumineux de l’Amérique française.

Regardez attentivement le drapeau québécois pour vous en convaincre.

Quatre fleurs de lys sur fond azur surmonté d’une croix blanche, soit l’alliance du trône et de l’autel. Un projet éminemment colonial, catholique et monarchiste.

Même chose pour le Ô Canada, chanté pour la première fois à la Saint-Jean-Baptiste de 1880 qui appelle à la résistance aux « races étrangères » et se termine par un vibrant appel au Christ et au Roi (de France) alors même que c’était la reine Victoria qui régnait alors sur l’Empire. Chant patriotique canadien-français, le Ô Canada est un hymne catho-monarchiste français tendance ultramontaine !

Les descendants d’immigrés ne s’y sont pas trompés, eux. Autochtones, noirs, arabes et asiatiques : ils savent d’instinct que le Québec appartient de facto à l’Occident blanc et chrétien. Il est donc coupable des crimes qu’ils lui reprochent : colonisation, impérialisme, racisme… et esclavagisme.

 

Un ouvrage à lire

 

L’esclavage au Québec

Pour quiconque veut s’instruire sur l’histoire de l’esclavage au Québec, impossible de ne pas recommander le livre pionnier du très fédéraliste, mais rigoureux Marcel Trudel,  Deux siècles d’esclavage au Québec, où il explique que les premiers esclaves de la Nouvelle-France furent des prisonniers autochtones pawnees cédés aux Français par leurs alliés autochtones des Grands Lacs.

Car l’histoire de l’esclavage au Québec débute avec l’épineuse question des alliances indiennes de la France. Comme quoi, rien n’est jamais aussi simple que les antiracistes primaires voudraient nous le faire croire.

Les souverainistes naïfs, à savoir ceux qui ne sont pas encore sortis du paradigme de la gauche bien-pensante, sont toujours scandalisés lorsque des Anglais ou des Noirs rappellent le passé esclavagiste de la Nouvelle-France. Il faut pourtant assumer l’entièreté de notre histoire nationale

Oui, il y a eu la pratique de l’esclavage sur le territoire québécois, mais ce fut un phénomène marginal, visant surtout les prisonniers autochtones adversaires de nos alliés. De plus, ils furent confinés à des rôles de serviteurs au sein des riches maisonnées.

Il est donc juste de combattre l’imaginaire de la plantation des champs de coton si chère au cinéma américain, puisque l’esclavage agricole n’a tout simplement pas eu lieu ici. Pas d’Autant en emporte le vent en Nouvelle-France ni au Bas-Canada.

L’on sait par contre que le rôle de bourreau à l’époque de la Nouvelle-France semble avoir été dédié explicitement à un Noir à qui on allait chercher une épouse dans les Antilles françaises. Un livre a d’ailleurs été consacré à ce sujet.

Mais évidemment, les « antiracistes » n’ont que faire de la vérité historique. Ce qu’ils veulent c’est que carbure l’industrie de la repentance.

La repentance blanche.

 

Nous sommes le fruit d’un projet colonial français

 

Un pays de race blanche et de religion chrétienne

Dans ce nouveau paradigme du XXIe siècle où la gauche a remplacé la question sociale par la question sociétale – la lutte des classes remplacée par la lutte de race, de genre, de sexualité – l’ancien nègre blanc d’Amérique est désormais vu comme un exploiteur à combattre, quand ce n’est pas un ennemi à abattre.

C’est bien la blanchitude des Québécois qui pose problème, beaucoup plus que n’importe quelle analyse vaguement marxisante sur notre infériorité économique issue de la Conquête britannique ou sur l’oppression nationale que nous fait vivre le Canada anglais.

Au lieu d’éviter la question comme le font la plupart des chroniqueurs scandalisés par l’arrivée de la question raciale au Québec, il faudrait assumer pleinement le nouveau paradigme que nous impose le militantisme antiraciste.

Pour paraphraser ce cher général de Gaulle qui a confié à son biographe les phrases suivantes, nous pourrions facilement affirmer :

« C’est très bien qu’il y ait des Québécois jaunes, des Québécois noirs, des Québécois bruns. Ils montrent que le Québec est ouvert à toutes les races et qu’il a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, le Québec ne serait plus le Québec.

Nous sommes quand même avant tout un peuple de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

Certains seront choqués par ces propos.

Il s’agit pourtant d’une réalité factuelle. J’ose même affirmer qu’il s’agit d’énoncés faisant largement consensus au sein du peuple Québécois. On pourrait discuter de l’opportunité d’un ou deux termes, mais l’esprit général est là.

De la question raciale à la question ethnique

Pourtant, la question raciale qui nous est imposée par la gauche antiraciste a une vertu : celle de nous confronter directement à la question de l’avenir démographique du Québec.

Si l’on en croit les plus récentes études, d’ici 2035, les Canadiens français – soit les Québécois dont les deux parents ont comme ancêtres les colons français arrivés avant 1759 – deviendront minoritaires.

Loin de rejeter du revers de la main la question ethnique posée par cette gauche qui racialise tout débat, et qui d’une main attise les ressentiments contre l’Homme blanc et de l’autre souhaite le métissage généralisé, il faudrait interroger véritablement les nationalistes québécois sur l’avenir qu’ils veulent réserver aux générations futures.

À force de refuser de parler de la question qui fâche – l’impact politique de l’immigration au Québec – les nationalistes se sont laissé obnubiler par la seule question linguistique.

Or, nous le constatons plus que jamais, la langue n’est pas le seul élément de la culture. Les islamistes francophones du Maghreb posent un problème politique aussi important aux nationalistes québécois que les immigrés jamaïcains anglophones. Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, tous deux ne s’assimileront jamais à la nation québécoise.

Ne parlons même pas de la majorité des Grecs, Italiens, Portugais ou Juifs qui demeurent attachés à leurs intérêts ethniques bien plus qu’à l’avenir du Québec français. Feu Leonard Cohen, dont on a célébré la mémoire avec faste ces derniers mois, se disait citoyen du monde à Montréal mais devenait volontiers un bon patriote israélien quand il était à Tel-Aviv.

Devant l’angoissante question nationale du Québec, force est de constater que le Canadien français est bien seul !

 

Un constat lucide qui fait encore trembler les bien-pensants

 

Chercher le nègre fondamental

« Mais où est le nègre dans tout ça ? Le nègre n’y est pas. Tu l’as en toi, pourtant. Creuse encore plus profond, et tu te trouveras au fond de toi, par-delà toutes les couches de la civilisation, le nègre fondamental. Tu m’entends, fondamental. »

– Aimé Césaire à Léopold Senghor

Source

Contrairement à ce que disait de nous Tocqueville au XIXe siècle et ce que revendiquait Vallières en 1968, nous ne sommes pas Nègres.

Nous ne le serons jamais.

Le couple infernal composé de l’immigration massive et du multiculturalisme canadien nous force pourtant à affronter de face le sujet qui marque au fer rouge le XXIe siècle naissant.

La question ethnique ne disparaîtra pas de sitôt.

Autant l’assumer plus tôt que tard.

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