Le PLC et le NPD sont deux partis « très centralisateurs » qui ne permettront jamais au Québec de contrôler son immigration.
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Legault attaque le PLC et le NPD, exige plus de pouvoirs en immigration

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Le premier ministre du Québec, François Legault, a présenté jeudi ses demandes aux partis fédéraux dans le cadre de la campagne électorale en cours. Sans surprise, la hausse des transferts en santé et le pouvoir du Québec sur les réunifications familiales viennent au sommet de sa liste.

Au jour 12 de la campagne électorale fédérale, M. Legault a formulé une dizaine de demandes, très semblables à celles qu’il avait présentées lors du scrutin précédent, en 2019. Il demande aux Québécois de bien évaluer ce que les formations politiques ont à proposer avant de faire leur choix.

D’abord, le premier ministre du Québec exige que les transferts d’Ottawa en santé passent dès maintenant de 22 % à 35 % des dépenses de la province en la matière et soient indexés par la suite de 6 % annuellement, et ce, sans condition, une demande qui avait déjà été faite par le passé et qui est aussi celle des autres provinces.

« Les Québécois envoient presque 40 % de leurs impôts à Ottawa. Et les dépenses en santé, ce sont les seules qui augmentent plus vite que les revenus. Année après année, ça représente un problème presque insoluble pour le gouvernement du Québec », a-t-il dit en point de presse à Québec.

Pour ne pas avoir à supplier Ottawa à chaque année, la meilleure solution serait d’obtenir un transfert de points d’impôts, comme Jean Lesage l’avait fait.

« Les impacts du vieillissement de la population, pour donner les mêmes services, augmentent à peu près [de 6 %] chaque année », a poursuivi le premier ministre.

« Il y a deux partis très centralisateurs »

À ce sujet, M. Legault a précisé qu’il y avait deux partis, qu’il a ensuite nommés comme étant le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique, qui proposent une approche « beaucoup plus centralisatrice ».

« J’insiste sur le « sans condition » [des transferts]. Christian Dubé et moi, on essaie de réduire la bureaucratie et de décentraliser les décisions. Or, actuellement, il y a des partis fédéraux qui font des propositions ciblées, qui veulent choisir à la place du Québec les priorités en santé », a-t-il affirmé.

M. Legault a cité en exemple des propositions du Parti libéral et du NPD de mettre en place des normes pancanadiennes dans les centres de soins de longue durée et d’investir dans ces établissements.

« Or, la question qu’on peut se poser : est-ce qu’il y a de plus grands besoins dans les soins à domicile ou dans les CHSLD? Je pense que le gouvernement le mieux placé pour décider, c’est le gouvernement du Québec. »

M. Legault a aussi pris l’exemple de la proposition des libéraux fédéraux d’embaucher des milliers de médecins à l’aide d’un fonds spécial. « [Heille], on les prend où les médecins? Ça prend sept ans pour former un médecin, on fait quoi en attendant? On laisse dormir cet argent-là? Ce ne sont pas des fonctionnaires à Ottawa qui devraient décider des priorités au Québec. »

Ce qui est proposé actuellement, surtout par deux partis, c’est plus de chicane, des affaires plus compliquées qui ne vont rien améliorer, plus de centralisation, plus de bureaucratie.

– François Legault, premier ministre du Québec

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Pleins pouvoirs réclamés sur les réunifications familiales

M. Legault demande aussi que le Québec ait le plein contrôle de la catégorie d’immigration des réunifications familiales, qui représente 24 % de l’immigration au Québec, précise-t-il.

Cette catégorie est sous la responsabilité du fédéral, qui n’exige aucune connaissance du français, a rappelé le premier ministre.

« On a une demande très précise [aux partis] : êtes-vous d’accord pour transférer la catégorie « regroupement familial » au gouvernement du Québec? Une des premières choses qu’on ferait, évidemment, ce serait de mettre des conditions de connaissance du français à ces gens-là. C’est une question de survie [du français au Québec]. »

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L’application de la Charte de la langue française aux entreprises de compétence fédérale au Québec, le respect des compétences de la province en matière de logement, la conclusion d’une entente sur le droit de retrait du Québec avec pleine compensation pour toute dépense dans les champs du Québec et la mise en place d’une déclaration de revenus unique administrée par le Québec font partie des autres demandes de M. Legault.

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Des demandes claires, légitimes et raisonnables, disent les conservateurs

Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, n’a pas tardé à répondre aux demandes du premier ministre québécois, lui assurant qu’il entendait mettre un terme à « l’approche paternaliste » du gouvernement Trudeau le 20 septembre prochain.

Une alliance tacite semble se dessiner entre le gouvernement du Québec et les conservateurs fédéraux.

Comme il l’avait déjà promis, le chef conservateur a répété qu’il rencontrerait les premiers ministres des provinces et territoires dans les 100 jours suivant son arrivée au pouvoir afin de leur proposer un nouvel accord sur les transferts en santé, avec une augmentation minimum de 6 % par année.

Plus grande autonomie en matière d’immigration, négociation pour la mise en place d’une déclaration de revenus unique, application de la loi 101 aux entreprises relevant du fédéral, financement de 40 % de la facture totale du 3e lien : M. O’Toole a ouvert la porte à plusieurs demandes de François Legault, en promettant de limiter l’intervention d’Ottawa dans des champs de compétence provinciale.

« On va mettre fin, une fois pour toutes, aux interventions du fédéral, aux divisions et aux luttes interminables » a-t-il affirmé.

Le Bloc en phase avec les demandes de Legault

Du côté du Bloc québécois, le chef, Yves-François Blanchet, a affirmé en point de presse que chacune des demandes de Québec sera un oui pour sa formation, « car il y a une grande convergence entre le Bloc et le gouvernement provincial. »

« Tous les premiers ministres des provinces et le premier ministre du Québec ont demandé une hausse à hauteur de 35 % des transferts en santé, que ce soit immédiat, sans condition, et que ce soit suivi d’une augmentation de 6 % par année » a-t-il dit, de passage à Saguenay.

« La hausse de 6 % par année que les conservateurs proposent, ça suit à peine, et probablement même pas, la hausse des coûts de système. Ce n’est pas une augmentation des transferts en santé », estime-t-il.

« Les pouvoirs du Québec en immigration doivent être accrus. De cette façon, la connaissance de la langue française auprès des immigrants sera augmentée », a-t-il aussi mentionné.

Le Bloc promet également de déposer un projet de loi pour encadrer le pouvoir de dépenser du fédéral.

« Les demandes de M. Legault confirment l’urgence de la portée du Bloc québécois à la Chambre des communes », conclut M. Blanchet.

Singh veut que la réunification familiale reste dans la cour du fédéral

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, s’est quant à lui montré très clair sur la question des pouvoirs exigés en matière de réunification familiale.

« En ce moment, notre position, c’est [qu’il s’agit] d’une compétence fédérale et on va garder cette compétence », a-t-il déclaré jeudi soir, en point de presse à Kenora, en Ontario.

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En tournée en Mauricie, le candidat libéral François-Philippe Champagne a rappelé les réalisations du Parti libéral du Canada, en partenariat avec Québec, dans les dossiers des garderies, du logement, de la formation professionnelle et en matière d’énergie verte.

L’étiquette de centralisateur donnée à son parti par M. Legault n’est pas justifiée, selon lui.

« Je vois la liste de M. Legault. Évidemment, on est attentifs à ce que le gouvernement du Québec nous demande, mais dans le nouvel esprit de collaboration, dans les réalisations qui nous ont unis et dans une vision je dirais même économique qui est très alignée, j’ai confiance en l’avenir, qu’on va être capables de travailler ensemble dans l’intérêt des Québécois », a-t-il dit.

Un journaliste lui a suggéré que M. Legault appelle dans les faits les Québécois à voter pour les conservateurs.

« Ce n’est pas ma lecture des choses. J’ai parlé à différents collègues à Québec. Je pense que l’esprit de collaboration est là. C’est normal dans une fédération; vous savez, ce n’est pas la première élection au Canada où les provinces arrivent avec des demandes spécifiques », ajoute M. Champagne.

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>>> Lire l’article de Mathieu Gobeil

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