Ce conflit inutile pourrait au moins causer la perte de deux dirigeants catastrophiques pour leurs pays.
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Guerre en Ukraine : est-ce le début de la fin pour Trudeau et Biden?

Eugène d’Estimauville de Beaumouchel >

C’est fait. Poutine vient d’envahir l’Ukraine, plongeant l’Europe dans une guerre fratricide et contre-productive (de notre point de vue).

Il faut d’entrée de jeu rappeler que, même si les fédéraux en ont décidé autrement, le Québec n’a pas d’intérêt vital dans cette région qui nous forcerait à y envoyer des troupes.

Les Canadiens français sont un peuple tranquille, et celui qui voudra les plonger dans un bain de sang à des milliers de kilomètres de leurs frontières aura beaucoup de difficulté à les en convaincre, comme le rappelle cette scène culte de la série Duplessis :

Cela étant, ce conflit pourrait aussi avoir des effets politiques bénéfiques en Amérique du Nord.

Leadership

Tout d’abord, les États-Unis comme le Canada sont dirigés par des leaders excessivement faibles. En temps de crise, personne ne veut être gouverné par un vieil homme gâteux ou un prof d’art dramatique à la retraite.

Les évènements afghans ont fort probablement nuit à la réélection de Trudeau l’an dernier. Malgré ses défauts, Erin O’Toole avait un passé militaire qui le rendait plus crédible que le premier ministre sortant. De plus, le clientélisme ethnique qui règne au sein même du cabinet fédéral (qui joue aussi sur la réponse canadienne à la crise ukrainienne) ne l’a certainement pas aidé.

C’est une des raisons pour lesquelles le PLC a perdu le vote populaire pour une deuxième élection consécutive. Trudeau a également été incapable d’aller chercher une majorité, alors que c’était son but avoué.

Désastres diplomatiques

Le cas Biden est encore plus frappant. Un peu plus d’un an au pouvoir et il en est déjà à sa deuxième déroute internationale (après la chute de Kaboul).

Ce n’est pas sans rappeler un certain Jimmy Carter, à la différence que les débâcles diplomatiques de Carter (interminable prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran, invasion soviétique de l’Afghanistan qui marque l’échec de la politique de détente) arrivent beaucoup plus tardivement dans son premier (et seul) mandat.

Inflation

L’autre parallèle avec Carter, c’est l’inflation galopante, en grande partie alimentée par la hausse du prix du brut.

Si le choc pétrolier de 1978-81 a été causé par la Révolution iranienne et la Guerre Iran-Irak, celui de 2022 pourrait être causé par la Guerre d’Ukraine et les sanctions occidentales contre la Russie (et Chrystia Freeland, la ministre des finances et vice-première ministre du Canada, va tout faire pour imposer un maximum de sanctions aux Russes qui ont attaqué le pays de ses ancêtres).

On sait déjà que cette opération militaire se déroulant dans le grenier à blé de l’Europe va renchérir les aliments.

La Maison-Blanche avertit en outre les Américains que les sanctions antirusses vont faire augmenter le prix de l’énergie (qui gonfle depuis des mois).

Par ailleurs, sur les questions énergétiques, le Parti démocrate et le Parti libéral du Canada sont tous deux pris entre l’arbre et l’écorce : ils ont déclaré la guerre aux hydrocarbures pour plaire aux extrémistes environnementaux mais se mettent ainsi à dos des millions d’électeurs qui peinent à faire le plein ou à se chauffer l’hiver.

Parallèlement, la baisse de la production nord-américaine est un cadeau pour les autres pétro-États dont… la Russie de Vladimir Poutine, qui contrôle 17% et 11% de la production mondiale de gaz et de pétrole, respectivement,

Et comme à l’époque de Carter, la réponse de la Réserve fédérale américaine (Fed) à cette hausse des prix généralisée devrait être de hausser les taux d’intérêt, ce qui engendrera sûrement une crise économique. Or les chances de réélection du président sortant sont très fortement corrélées au cycle économique.

Trudeau vs. Poilièvre

Si l’économie a généralement moins d’impact sur les élections canadiennes, l’inflation avait déjà atteint 5,1% le mois dernier, un sommet en 30 ans. Les consommateurs ont de plus en plus de difficulté à boucler leurs fins de mois et vont finir par blâmer le pouvoir en place, si ce n’est pas déjà le cas.

Cette situation est dangereuse pour Ottawa. D’ailleurs, si la Fed relève son taux directeur, la Banque du Canada devra suivre, avec des effets comparables sur l’économie locale.

Qui est le plus à même de guider le Canada à travers une récession? Un cabotin incompétent qui doit son poste à sa chevelure et à son nom de famille ou un nerd à lunettes spécialisé en politique monétaire? Poser la question, c’est y répondre.

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