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Par refus d’aborder la question identitaire, le PQ s’enfonce dans l’insignifiance

Le Journal de Montréal >

Il y a des moments où même de fiers souverainistes secouent la tête de découragement en regardant le PQ.

Parlant de la laïcité, le leader parlementaire du PQ, Martin Ouellet, a déclaré jeudi que « ce débat a eu lieu », qu’il « nous a déchirés pendant les dix dernières années », qu’il est « temps de passer à autre chose ».

Voyez le vocabulaire et sa petite musique : déchirure, une affaire du passé, regardons vers l’avant, etc.

Un bon libéral aurait pu dire exactement la même chose. Eh misère…

Déconnecté

L’hypothèse charitable est que le député Ouellet considère cet épisode comme une fâcheuse nécessité, un peu comme une visite chez le dentiste : vous n’aviez pas le choix, mais vous espérez avoir la paix pour un bout de temps.

Le chef intérimaire, Pascal Bérubé, a dû intervenir pour dissiper le malentendu : le PQ demeure sur ses positions, sauf qu’il ne militera pas pour un renforcement de la loi.

Il reste que ce que monsieur Ouellet a dit devait refléter sa pensée. Ce serait lui faire injure que de supposer qu’il ne pense pas ce qu’il dit.

On peut comprendre que la question soit loin de ses préoccupations.

Sa circonscription est sur la Côte-Nord. Pour ses concitoyens de Baie-Comeau, de Ragueneau, de Chute-aux-Outardes, la place de la religion dans la sphère publique n’est pas un enjeu quotidien, concret, palpable.

Est-ce que les Montréalais sont sensibles aux questions minières et agricoles, à l’industrie de la pêche ?

Si sensibilité il y a, elle sera théorique et peu informée.

Comme le PQ n’a plus le moindre élu là où la question religieuse est brûlante, il y a lieu de craindre que la déconnexion et l’insensibilité de monsieur Ouellet ne soient pas un cas isolé.

On peut comprendre que le PQ ne veuille pas que le débat se prolonge sur une question qui bénéficie entièrement à la CAQ, amenant à elle des nationalistes, y compris des souverainistes, et enlevant de l’oxygène au PQ.

On peut aussi comprendre que le PQ veuille plutôt reparler d’indépendance. S’il n’en parle pas, il ne sert à rien, et débrancher le patient serait le geste humanitaire à poser.

>>> La suite de l’article de Joseph Facal.

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