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Pas de démocratie canadienne : Le Parti conservateur n’est qu’un second parti libéral

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Le seul conservateur se présentant à la course pour la chefferie en fut exclu de façon arbitraire.

Récemment, dans un article qui connut un relatif succès au Canada (cliquez ici), j’exposais le Parti conservateur pour ce qu’il était devenu, un parti libéral allégé. Dans ce même article je soulignais qu’un seul conservateur social, donc animé de valeurs de droite, s’était lancé dans la course à la chefferie, soit Richard Décarie. Mais voilà, bien qu’il ait rempli les conditions d’admissibilité à la course (la somme de 25 000 $, 1 000 signatures validées et une entrevue avec les membres du Comité organisateur de l’élection du chef), il a en été exclu, sans qu’aucun motif ne soit invoqué par la hiérarchie du Parti conservateur pour justifier cette décision.

Décarie défend ouvertement la famille traditionnelle et une vision conservatrice de la politique. Ses positions tranchent nettement avec celles défendues par ses opposants, d’Erin O’Toole à Peter MacKay, qui eux souhaitent un énième recentrage.

L’exclusion de Décarie par les hautes instances du parti démontre une chose : les conservateurs n’ont plus leur place au sein de ce parti. Ils sont devenus persona non grata et n’ont même plus le droit de s’exprimer en son sein. On sait que l’establishment du parti n’a qu’une idée en tête, soit de détrôner Justin Trudeau aux prochaines élections. Si cet objectif est des plus légitimes, il n’en demeure pas moins qu’il ne doit pas se faire au détriment des idées. À quoi bon chasser Trudeau du pouvoir si c’est pour imposer un programme sensiblement pareil sur le fond ? Est-ce bien utile de lui enlever les rênes du pouvoir si c’est pour les remettre à son sosie idéologique?

Richard Décarie avait-il des chances de remporter la course? Nul ne le sait. Si les conservateurs de cœur sont encore nombreux au sein du parti, O’Toole et MacKay peuvent compter sur des appuis puissants et des relais médiatiques sympathiques. La course entre les libéraux modérés et le candidat conservateur ne se faisait donc pas à armes égales. Mais dans tous les cas, il avait le droit de se présenter et de représenter une alternative conservatrice à ce que le parti est en train de devenir.

Son exclusion arbitraire d’une course supposément démocratique, au sein d’un parti démocratique relève du scandale et permettra d’ouvrir les yeux de ceux qui considèrent encore le Parti conservateur comme une alternative au Parti libéral.

Avec un peu de recul, on constate que cette exclusion vise à cimenter l’unicité du bipartisme canadien. Si deux partis alternent au pouvoir depuis les débuts de la Confédération canadienne, ils se doivent d’être exactement pareils sur le plan des idées.

Voilà la démocratie canadienne dans toute sa splendeur. Ce n’est pas étonnant que Trudeau se permette d’agir comme un tyran. Sans opposition de fond à droite, pourquoi se gêner ?

>>> Lire l’article au complet de Rémi Tremblay.

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