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Les juristes juifs qui contestent la loi 21 sont aussi contre la loi 101

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L’historien Frédéric Bastien a déposé une plainte contre la juge en chef de la Cour d’appel du Québec, celle-là même qui est appelée à statuer sur la loi 21 sur la laïcité. Les faits amenés à notre attention par M. Bastien sont plus que troublants. Dans un sans gêne invraisemblable, la juge en chef de la Cour d’appel, Mme Duval-Hesler, a tout simplement laissé tomber toute apparence d’impartialité dans cette cause.

Les gagnants de 1982, ce « coup de force » qui nous a imposé une constitution et une Charte des droits « légale mais illégitime », ne se sentent même plus obligés de faire semblant d’être impartiaux. Nous avons changé d’époque. La destruction du mouvement souverainiste a conforté une certaine élite dans l’idée que le Canada a gagné la partie et que le destin du Québec, pour ce qui en reste, est d’être minorisé une fois pour toutes.

La plainte a mis les projecteurs sur une association de juristes appelée la « Lord Reading Law Society ». La mission de la « Lord Reading Law Society » est énoncée sur sa page ouèbe. Curieusement, cet énoncé de mission n’est pas disponible en français…

Une organisation de juristes à la solde de l’Anti-Québec


Le lobbying de la Lord Reading Law Society

Pour ceux qui s’imaginent encore que la nomination par Ottawa des juges au Québec est un processus impartial et non partisan, il est intéressant de lire ce qu’un ex-président de la Lord Reading en disait (ma traduction) : « Nous tenions des rencontres annuelles avec le ministre de la Justice. Quand j’étais Président de la Lord Reading Law Society, le ministre de la Justice était Pierre Elliot Trudeau. Sa secrétaire suggéra que l’on se rencontre un dimanche. C’était étrange, mais j’ai accepté. Quelques membres de l’exécutif de la Lord Reading m’accompagnèrent. […] Il (Trudeau) était très réceptif et fidèle à sa parole. Il se fichait de la religion, des convictions ou du sexe du juge nommé. Il voulait seulement obtenir de bons juges ». On peut trouver le texte original ici.

Il est clair, d’après cet extrait, que la Lord Reading Law Society se livrait (se livre toujours?) à du lobbying pour faire nommer juges certains de ses membres. Et que l’association avait un accès direct au Ministre de la Justice du Canada. Même un dimanche…

La Lord Reading est un lobby dédié à « l’avancement de ses membres ». Cela est même écrit dans son énoncé de mission. Un lobby fort efficace : un de ses (ex?) membres, Nicholas Kasirer, est maintenant juge en chef de la Cour Suprême du Canada…


La Lord Reading Law Society et la loi 101

La Lord Reading Law Society est impliquée de longue date dans la contestation de lois québécoises. Il est intéressant de rappeler qu’elle a été aux avant-postes pour la contestation de la loi 101. Voici ce que dit le « Musée du Montréal juif » :

« Une des campagnes majeures de l’Association a porté sur le projet de loi 101, adopté en 1977 par le Parti québécois récemment élu. L’Association de droit Lord Reading a invoqué le fait que le projet de loi 101 était inconstitutionnel. Afin d’éviter l’adoption du projet de loi, l’Association mobilisa un groupe de plus de 100 avocats juif, organisa plusieurs réunions d’urgence et encouragea la participation de la communauté au congrès annuel du Barreau du Québec et de l’Association du Barreau canadien. »

La première cause amenée devant les tribunaux tout de suite après l’adoption de la loi 101 par l’Assemblée nationale, souvent connue sous le nom « Procureur Général du Québec contre Blaikie et autres » fut déposée non pas seulement pas Peter Blaikie, un avocat bien connu de Montréal, mais par trois avocats soit Peter Blaikie, Roland Durand et Yoine Goldstein. Roland Durand a vraisemblablement joué le rôle du « canadien français de service » dans cette affaire. M. Goldstein a été président de la Lord Reading Law Society en 1972-1973. Il a été nommé sénateur par après (pour services rendus?).

Cette cause a été la première qui a charcutée sérieusement la loi 101. En 1979, soit deux ans seulement après l’adoption de la loi (un temps record!), la Cour suprême du Canada a déclaré inconstitutionnels sept articles de la loi 101 dont celui, absolument névralgique, qui faisait du français la langue « officielle » du système juridique (les plaidoiries pouvant toujours être tenues en anglais, mais les jugements devant être rendus en français, avec traduction possible).

L’invalidation de ces articles a replongé le Québec dans un bilinguisme délétère et une situation kafkaïenne où autant l’anglais que le français ont valeur officielle et où un jugement peut être rendu au Québec en anglais seulement, à la discrétion du juge. Bref, dans une situation qui a de forts relents coloniaux.

>>> La suite de l’article de Frédéric Lacroix.

Voir également

Racisme systémique, CHSLD 2SLGBTQIA+, écoles genderqueer : les revendications délirantes de Fierté Montréal

L’Hebdo Journal > MONTRÉAL — De retour pour une 15e année à partir de lundi, …

3 commentaires

  1. Environ 15% des américains et des anglais sont antisémites.

    Selon une enquête révélée par The Economist, ‘’Graphic detail Anti-Semitism’’, Oct. 12, 2019. Elle a été réalisée par le ‘’Institute for Jewish Policy Research.’’ Elle porte sur l’antisémitisme et le mouvement anti-Israel.

    Les questions :
    – Les Juifs exploitent la victimisation reliée à l’Holocauste, pour leur propre bénéfice.
    – Les Juifs ont trop de pouvoir en Amérique.
    – Les Juifs s’enrichissent aux dépends des autres.
    – Les intérêts des Juifs sont tres différents de ceux du reste de la population.
    – Israel est un état basé sur l’apartheid.
    – Israel essaie délibérément d’éradiquer la population palestinienne.

    Pour toutes ces questions, le pourcentage de gens d’accord avec l’énoncé, le plus bas est de 12% et le plus haut de 39%.

    Voici pour les faits. Maintenant, mon opinion.

    Je suis extrêmement surpris, même si, en Angleterre, Jeremy Corbin et le nouveaux 1e ministre, Boris Johnson s’affichent comme anti-Juifs. Malgré le fait que chaque année, Hollywood réalise un film par mois, pour dénoncer les Nazis, des émissions sur le même sujet, qui passent à chaque soir à la TV, presqu’un roman par mois, au point qu’il est presqu’impossible d’écrire, de publier une Bd, sans faire allusion à la Shoah, que des lois, punissant de prison, l’antisémitisme ont été votées en grand nombre depuis 1970, que des musées rappelant la Shoah sont construits partout dans le monde, que le chroniqueur du Devoir, Louis Cornellier écrit que l’étude de la Shoah, doit etre placée au centre du curriculum des écoles primaires et secondaires, etc. malgré toute l’information, il y a encore 15% d’antisémites.

    Comment expliquer cela ?

  2. Que dire des Bronfman qui ont migré vers le Québec en 1930, mais pas de l’Europe ?

    La famille Bronfman est dans la même ligné que certaines autres grandes familles CANADIAN… Desmarais, Trudeau, Molson, etc…. Ceci n’est pas de l’humour noir !

    La famille Bronfman et l’histoire du Canada
    « Harry Bronfman était riche, il était libéral, mais plus que tout il était un contrebandier de boissons alcooliques et un Juif ». – James H. Gray, l’Ordre du Canada en 1988

    Suite aux recommandations d’une commission royale concernant les douanes et accises, des accusations furent portées contre Harry Bronfman en 1930. Ceci résulta dans une accusation pour pot-de-vin, pour avoir soudoyé un membre du jury au Manitoba. Suite à ces démêlés avec la justice, l’empire Bronfman déménagea ses pinacles au Québec.

    Est-ce que ce volet de l’histoire canadienne a été exploité dans les séries Historica?????

    Bien que la famille Bronfman soit de religion juive, le patriarche Yechiel immigra dans l’ouest canadien bien avant l’holocauste, à savoir au dix-neuvième siècle. Ce dernier, le père de Abe, Harry et Sam, anglicisa son prénom à Ekiel et par la suite à Ezekiel.

    Voir les deux livres de James H. Gray du Winnipeg Free Press, à qui on a décerné the Alberta Order of Excellence en 1987 et l’Ordre du Canada en 1988, qui documentent les origines de la fortune et de l’entreprise Bronfman, à savoir :

    1. « Red Lights on the Prairies », Macmillan of Canada, Toronto, 1971, qui traite de la prostitution.
    2. « Booze » : when whiskey ruled the West, Macmillan of Canada, 1972, qui traite du commerce illégal de l’alcool lors de la prohibition.
    À la page 185 du second livre, on qualifie Harry Bronfman comme suit : « He was rich, he was liberal, but most of all he was a « bootlegger » and a Jew ». Traduction: « Il était riche, il était libéral, mais plus que tout il était un contrebandier de boissons alcooliques et un Juif ».

    Dans ces livres, les thèmes suivant de l’histoire du Canada sont traités :
    • Les Orangistes, les alliés du KKK au USA,
    • Le Ku Klux Klan,
    • L’élimination des droits des francophones,
    • Le racisme contre les chinois et les hindous, « Cleaning out the Chinks »,
    • La discrimination raciale contre les noirs.
    http://en.wikipedia.org/wiki/James_H._Gray

    Parce que cette famille fait partie de ceuzes qui nous exploitent depuis des années et luttent contre notre émancipation ? Niveau racisme, je n’ai aucune leçon à recevoir de ceux-ci. Ce n’est pas une famille d’ex-mafieux ayant fait leur bifortune dans les trafics et la corruption qui va me faire verser une larme.

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