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Déchristianisation et culpabilité : la table rase devant l’Autre

Jérôme Blanchet-Gravel >

Dans une déclaration récente, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, évoquait la montée d’une « gauche religieuse » au Canada. Selon elle, l’aspirant chef du Nouveau parti démocratique, Jagmeet Singh, symbolise ce nouveau courant en refusant de faire une distinction claire entre son appartenance religieuse et la politique.

Le politicien de confession sikhe, qui s’est défendu ensuite d’incarner cette nouvelle gauche, est soupçonné par la chef bloquiste de dissimuler des motivations religieuses sous un discours progressiste.

Nous laisserons à Jagmeet Singh le soin de préciser ses intentions.

Ceci dit, il apparait évident que Martine Ouellet pose globalement un juste diagnostic.

J’ai déjà analysé ailleurs la montée de cette gauche voulant faire alliance avec les religions. Pour plusieurs de ses représentants, cette alliance est nécessaire pour mettre fin à la discrimination dont seraient victimes les minorités.

Cependant, il y a une religion, une seule, avec laquelle on ne veut pas trop afficher de liens.

Vous aurez deviné laquelle.

La tradition chrétienne remise en question

Paradoxalement, la mouvance politique qui se préoccupe des autres religions demeure plutôt réfractaire à l’idée de préserver la tradition chrétienne.

Depuis plusieurs années, c’est souvent même à une volonté d’effacer l’empreinte du christianisme à laquelle nous avons assisté. La déconstruction du passé est considérée comme une condition nécessaire à la reconstruction de la civilisation occidentale selon les standards du multiculturalisme.

Mon parcours académique m’a permis de constater à quel point ce projet de déconstruction était considérable. Pour de nombreux universitaires influents, le christianisme porte en lui les germes d’une vision uniformisatrice du monde qui serait devenue incompatible avec l’expression profonde de la diversité. Non seulement le christianisme serait historiquement coupable d’impérialisme, mais il serait aussi porteur d’une vision abstraite et universelle de l’Homme faisant abstraction des différences culturelles.

Plus encore, certains intellectuels remettent en question la distinction fondamentale entre la sphère politique et la sphère religieuse, car elle demeure le fruit des rapports particuliers entretenus entre l’État et l’Église dans l’histoire européenne. C’est notamment le cas du professeur américain William E. Connolly pour qui le seul fait de distinguer ces deux domaines relève d’une attitude « ethnocentriste » trahissant un préjugé favorable pour le christianisme.

Pour accepter pleinement les autres cultures, il conviendrait de rompre complètement avec l’héritage intellectuel chrétien, le monothéisme menant au monoculturalisme, et non au multiculturalisme.

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