Le « racisme systémique » est tellement virulent au Canada que des Blancs font semblant d'être autochtones pour s'enrichir et s'élever socialement.
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Un « survivant des pensionnats » se déguise en Indien pendant 30 ans pour frauder le système

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Il se dit membre des Premières Nations et survivant de la rafle des années 1960. Pourtant, Morris Blanchard, célèbre artiste originaire de Kingston, en Ontario, ne serait rien de tout cela, si l’on en croit sa propre famille et certaines de ses connaissances. Plusieurs dénoncent une usurpation d’identité autochtone.

Il reste que Morris Blanchard a passé sa carrière artistique à peindre des tableaux en s’inspirant des traditions autochtones. À Kingston, ses œuvres sont présentes partout. Elles ont d’ailleurs fait l’objet d’un livre à colorier pour enfants, que l’on peut trouver sur les étagères des librairies du pays.

Celui qui prétend être anichinabé est allé jusqu’à se faire appeler « Onagottay », un patronyme ojibwé. Il affirme également depuis des décennies avoir survécu à la rafle des années 60. Au fil des années, M. Blanchard a cumulé de nombreux prix et obtenu des subventions d’institutions publiques, dont celles de la Municipalité de Kingston et de l’Université Queen’s.

Les pensionnats autochtones n’ont pas toujours été vécus comme une tragédie par les élèves. Ils sont en tout cas une mine d’or pour les criminels financiers.

En tant qu’« ancien », M. Blanchard continue d’enseigner la langue ojibwée dans le cadre d’un programme local de préservation des langues autochtones. Mais celles et ceux qui le connaissent, y compris son ex-femme et son frère, ont déclaré qu’il n’est pas un Autochtone.

« Notre famille est blanche », assure Allen Blanchard, l’un des frères de Morris Blanchard. Il décrit les racines de sa famille comme étant principalement norvégiennes, anglaises et, dans une moindre mesure, françaises.

D’après ce que j’ai compris, ma mère m’a dit que nous avions un tout petit peu d’Autochtone en nous, mais je n’ai jamais compris ce qu’elle voulait dire par là.

– Allen Blanchard, frère de Morris Blanchard

Morris Blanchard n’a pas souhaité s’expliquer.

Selon son frère, il est toutefois le seul membre de sa famille à s’identifier comme un Autochtone.

Les interrogations concernant l’origine autochtone de Morris Blanchard font suite à l’examen des affirmations d’une poignée d’autres personnalités de la région de Kingston, liées à l’Université Queen’s.

CBC News a commencé à enquêter sur cet artiste après la publication en juin dernier d’une lettre ouverte, signée par une centaine d’universitaires, demandant à l’établissement d’examiner les dommages potentiels d’une fausse représentation identitaire parmi le corps enseignant, le personnel et les associés.

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« J’ai grandi dans un mode de vie traditionnel, anichinabé, et j’ai été élevé dans la nature », a déclaré l’artiste dans un balado.

« Je suis un survivant et je ne lis ni n’écris l’anglais, et j’évolue dans un mode de vie traditionnel », a-t-il maintes fois répété, mais ces affirmations sont contredites par son frère Allen.

Dans de nombreux articles et notes biographiques, M. Blanchard a été présenté comme étant un Ojibwé, Métis, Pied-Noir, Navajo, Français et Norvégien.

« Onagottay est originaire de Lake of the Woods, en Ontario, et a grandi en apprenant la langue et la culture de son peuple », peut-on lire dans un texte en ligne du Département de psychologie de l’Université Queen’s.

Les gauchistes arrosés d’argent public de l’Université Queen’s ont tenté de faire disparaître les preuves de l’escroquerie, mais Internet n’oublie jamais.

« Dans ce même article, Blanchard est décrit comme un membre du clan de l’aigle… un homme-médecin et un membre de la loge Midewiwin, où les anciens lui enseignent les méthodes de guérison sacrées, y compris les médicaments traditionnels et leurs usages ».

Une publication sur Facebook consacrée à Blanchard pour faire la promotion d’un événement à Kingston indique qu’il a été arraché de sa maison à l’âge de quatre ans « pour aller vivre dans une ferme dont les propriétaires étaient des catholiques ».

D’après un autre article d’un magazine consultable sur le web, l’artiste « a échappé au pensionnat. Il a ensuite été caché chez son grand-père qui s’est occupé de son éducation pendant 17 ans ».

Les vidéos mettant en scène M. Blanchard le montrent souvent vêtu d’un manteau en daim à franges, parlant ojibwé et partageant des connaissances autochtones.

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Une grande partie de ce que Morris sait de la vie et de la culture autochtones provient de son temps passé avec les membres de la Première Nation de Seine River, ajoute son ex-femme Alice Cupp. Celle-ci précise avoir été mariée à l’artiste pendant près de 10 ans dans les années 1980.

« Les médicaments et les valeurs traditionnelles qu’il utilise, il les a appris des gens d’ici à Fort Frances, en particulier de mon grand-père et de mon oncle », soutient Mme Cupp, qui est membre de la Première Nation de Seine River.

Le charlatan Morris Blanchard est allé jusqu’à se faire passer pour un chaman capable de guérir le cancer.

CBC News a contacté les représentants des Premières Nations de la région du lac des Bois et des environs, d’où Blanchard prétend être originaire. Chacun d’entre eux a confirmé que l’homme n’était pas un membre inscrit de leur communauté.

L’Université Queen’s dans le viseur

Au début de l’année, le nom de Morris Blanchard a fait l’objet d’une dénonciation anonyme, qui affirmait que lui et six autres personnes blanches liées à l’Université Queen’s se présentaient comme membres des Premières Nations.

Deux universitaires autochtones ont depuis écrit une lettre de suivi – distincte de la lettre ouverte – pour exprimer leurs inquiétudes à propos de M. Blanchard en raison de son travail sur l’enseignement des langues et de la culture autochtones.

La lettre demande à l’établissement de suspendre immédiatement sa relation avec l’artiste et d’enquêter sur toutes les personnes dont les noms sont inscrits dans la dénonciation.

Geraldine King, une universitaire anichinabée qui a coécrit la lettre, a décrit les comportements de M. Blanchard comme « une forme perverse de colonialisme de peuplement ».

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>>> Lire l’article complet de Nicole Williams et Michelle Allan

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Un commentaire

  1. Ça sent l’arnaque en plein nez.

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